You are here

Contrer les tensions ethniques dans les Balkans

Copyrights: Once Brothers (photographie extraite du film-documentaire)

Contrer les tensions ethniques dans les Balkans

Cet article est le cinquième de la série Sport et Conflits qui s'attache à montrer le sport comme moteur de réconciliation dans des situations conflictuelles ou post-conflictuelles.

Le choix de la photographie illustrant cet article n'est pas anodin. Elle est extraite de "Once Brothers", un film-documentaire retraçant l'amitié de deux joueurs de basketball de l'ancienne République fédérative socialiste de Yougoslavie : le serbe Vlade Divac et le croate Dražen Petrović. Le duo a joué ensemble au sein de l'équipe nationale yougoslave de 1986 à 1990, jusqu'à ce que les guerres et des questions d'identité les séparent. Leur relation illustre la difficulté de réconcilier les peuples issus de différentes communautés au sein des Balkans.

Les Balkans de l'Ouest se définissent, entre autres, par leur diversité : sept pays (Slovénie, Croatie, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Montenegro, Macédoine et Kosovo*), six langues, trois religions principales et des niveaux de développement bas mais inégaux. Les années 1990 ont été marquées par des guerres et l'explosion des nationalismes qui n'ont pas manqué d'opposer et de diviser les divers groupes ethniques. En ce sens, le sport a eu un rôle important pour construire et reconstruire les liens entre les communautés dans la région.

Il a été prouvé que le sport peut renforcer la cohésion sociale et restaurer la confiance entre des groupes divisés mais le cas du sport balkanique est très complexe.

À la question : "Est-ce que le sport a servi de lieu d'agression et a favorisé les tensions ethniques ?", la réponse est oui.

Assissinats de supporters, interruptions de matchs pour violence, drapeaux brûlés : le sport, et le football en particulier, a mauvaise presse. Au bord des terrains, on condamne le déni absolu des valeurs sportives et l'hooliganisme omniprésent. Cependant, en dehors de ces phénomènes très médiatisés et récupérés par les milieux politiques, de nombreuses organisations sont présentes dans la région et agissent en faveur d'une utilisation intelligente du sport, afin d'encourager la tolérance et la compréhension mutuelle.

Le Conseil de l'Europe a, à ce sujet, publié un manuel "Le sport dans les sociétés au lendemain d'un conflit" dans lequel des exemples de bonnes pratiques dans la région sont recensés. Parmi ceux-là, on observe les Ecoles de football pour le plaisir pour les enfants entre 7 et 11 ans notamment implantées en Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie au Kosovo ainsi qu'en Macédoine. Elles mettent en places des programmes transnationaux qui utilisent le sport afin de rassembler les gens et de renforcer la cohésion sociale dans des sociétés post-conflictuelles. Plus de 12 500 enfants ont déjà bénéficié de ces programmes.

L'organisation Pl4y International a, de son côté, lancé un programme au Kosovo en 2002 où le sport est utilisé pour favoriser la réconciliation inter-ethnique et encourager l’éducation à la paix. Des enfants issus de six communautés différentes (rom, ashkali, serbe, bosniaque, albanaise et turque) sont rassemblés et apprennent à se découvrir. Plus de 4 000 enfants ont déjà bénéficié de ce programme.

Ces exemples nous prouvent qu'il faut parfois réapprendre à utiliser et partager le sport afin de maximiser son potentiel. Au lendemain d'un conflit, et ce même si les difficultés sont nombreuses, la pratique sportive, lorsqu'elle est bien utilisée, peut participer au renforcement du vivre-ensemble et de la paix.

 

*Le Kosovo n’a pas encore été officiellement reconnu par l’ONU et n'est reconnu que partiellement par la communauté internationale.

About

Article type

News

Published

Wednesday, November 2, 2016 - 10:48