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Gay Games, Jeux des peuples autochtones, Coupe du monde des sans-abris : quand le sport devient un étendard

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Gay Games, Jeux des peuples autochtones, Coupe du monde des sans-abris : quand le sport devient un étendard

En marge des grands événements sportifs internationaux, il existe d’autres championnats dont la portée directement sociale est plus explicite. Ode à la tolérance, vitrine de revendications politiques et outil de réinsertion pour certains, cache-misère et gaspillage d’argent pour d’autres, ces événements sportifs « alternatifs » divisent.

Les Gay Games, un appel à la tolérance

En 1982, Tom Wadell, un athlète américain, a créé un événement sportif et culturel international afin de promouvoir l’égalité et la tolérance. Les Gay Games sont nés pour favoriser l’estime de soi des homosexuels et susciter la compréhension du monde non gay. Une trentaine de disciplines sont représentées lors de cet événement festif où les épreuves sportives côtoient joyeusement des manifestations artistiques. Les Gay Games ont lieu tous les quatre ans et chacun peut participer sans distinction aucune ni condition de performance. L’intérêt de Gay Games « non communautaires » peut être source d’interrogation chez certains. Néanmoins, cette ouverture permet aussi de faire un pied de nez à l’homophobie ambiante dans le monde du sport, où de nombreuses personnes se voient contraintes de pratiquer leur sport au sein de clubs LGBTQ par crainte de discriminations dans le milieu sportif « ordinaire ».

Les Jeux Mondiaux des Peuples Autochtones, au-delà du folklore

Les Jeux nationaux des peuples indigènes existent depuis longtemps au Brésil mais la première édition de leur équivalent international s’est déroulée en 2015. Plus de 2000 athlètes ont disputé diverses épreuves incluant le football, l’athlétisme ou d’autres sports plus traditionnels comme le tir à l’arc et le xikunahiti. L’objectif de cette compétition est de renforcer la culture des peuples indigènes à travers le sport. L’événement a aussi permis aux peuples premiers de faire entendre leurs revendications, notamment sur les projets visant à affaiblir leurs droits territoriaux. L’accaparement des terres reste une problématique récurrente des revendications indigènes, comme la reconnaissance des droits autochtones, ou la dénonciation des programmes d’intégration forcée allant à l’encontre de leur cosmovision.

La Coupe du monde des sans-abris, un vecteur d’inclusion sociale

La Coupe du monde des sans-abris (EN) est un mouvement visant à sortir de l’isolement et à renforcer les capacités des personnes sans domiciles. Ce mouvement prône que le football aide les sans-abris à retrouver confiance en eux, à se réinsérer socialement et à améliorer leurs perspectives. Selon une enquête réalisée auprès des joueurs de la Coupe du monde des sans-abris, 94% déclarent que cette dernière a impacté positivement leur vie. Il semblerait que le football ait permis à certaines personnes de sortir de la rue, là ou d’autres méthodes d’intervention avaient échouées. Cette Coupe rassemble 70 partenaires nationaux et se déroule chaque année dans une nouvelle ville.

Des pour et des contre

Des groupes autochtones ont boycotté leurs Jeux, estimant que « l’événement dissimulait en réalité la souffrance des peuples indigènes » ou que les 41 millions d’USD dépensés pour l’occasion auraient pu servir à autre chose. De même, certains travailleurs sociaux restent dubitatifs quant au réel impact de la Coupe du monde des sans-abris. L’engouement pour les événements sportifs augmente considérablement et le sport comme levier de changement social et de rassemblement a fait ses preuves. La médiatisation de ces tournois permet effectivement d’accroitre la visibilité de problématiques sociétales. Cependant, il faut être conscient de leur dimension symbolique, et du fait qu’ils ne peuvent remplacer un travail quotidien sur le terrain.

 

 

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Published

Thursday, June 15, 2017 - 00:00