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JO 2024 : Olympisme ou populisme ?

JO 2024 : Olympisme ou populisme ?

Qui de Los Angeles, Paris ou Budapest obtiendront l'organisation des JO 2024 ? Zoom sur leur situation politique interne.

Alors que les villes candidates aux JO 2024 passent en ce moment leur premier grand oral à Doha, il est temps de se pencher sur ces candidatures. Après que Rome ait jeté l’éponge, les villes de Los Angeles, Budapest et Paris sont en compétition pour décrocher l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques.  

Cependant, force est de constater que la situation politique des trois pays laisse à penser. L’image d’un Viktor Orban, le premier ministre hongrois, acclamant l'équipe de réfugiés lors de la cérémonie d’ouverte prête à sourire. Cela d’autant plus lorsque l’on sait que le CIO vient d’adopter une enveloppe d’un demi-milliard de dollards au profit du plan de Solidarité Olympique.

Résumons, Los Angeles a Donald Trump, Budapest Viktor Orban et la France élira son nouveau président en mai 2017, un scrutin au cours duquel avoir Marine Le Pen au second tour ne serait une surprise pour personne. Ces politiques forment l’extrême droite contemporaine, celle aux propos racistes, sexistes et islamophobes, celle qui ne se cache plus. Aucune ville n’est donc assurée de présenter une gouvernance politique apaisée et en accord avec les valeurs de l’Olympisme dans dix mois, date de la sélection officielle de la ville hôte.

Beaucoup de déclarations ont été faites à ce sujet. Avant le scrutin américain, il a été dit à propos de l’élection de Donald Trump qu'elle serait « sur une échelle de 1 à 10, une catastrophe de l’ordre de 8½ - 9 pour les chances de Los Angeles d’être désignée par le CIO », on parle du « cas de figure le plus désastreux ». Une source proche de Paris 2024 raconte notamment :

On connaît l’image de Donald Trump à l’international : il a insulté les hispaniques, les musulmans, les femmes. Il suffit de regarder la composition du CIO pour comprendre que cela peut leur poser un problème.

La situation en France fait aussi peur à ceux qui portent le projet Paris 2024. Anne Hidalgo, la maire de Paris, a notamment confié lors d’une interview :

Le Front National incarne des valeurs qui ne sont pas compatibles avec l’esprit olympique. Si le message de la France est la crispation et le repli sur soi, cela fera mauvais effet.

La Hongrie ne s'en sort pas mieux. Dans un article, le journal canadien The Globe and Mail tire la sonnette d'alarme sur la situation au sein du pays, en la résumant de la façon suivante :

Viktor Orban est le principal opposant aux politiques d’immigration en Europe. Il a érigé un mur le long de la frontière serbo-croate et il affirme qu’il protège l’Union européenne contre une invasion musulmane.

Toutefois, il n'est pas sûr que le CIO s'embarasse de ce détail. Le comité a déjà été critiqué pour certains de ses choix : malgré la gouvernance ultra-autoritaire de Vladimir Poutine, les JO d'hiver de 2014 se sont tenus à Sotchi. La Chine, contre les accusations des associations de défense des droits de l'homme, a obtenu l'organisation des Jeux de 2008 et 2022.

Enfin, il serait injuste de réduire un projet olympique à ces chefs politiques. Même si ces trois candidatures disposent d'un réel soutien populaire et que cela puisse sembler paradoxal au vu des valeurs de l'Olympisme, faire une généralisation sur l'ensemble des populations serait une grave erreur. Cependant, réaffirmer auprès du grand public les valeurs de l'Olympisme semble important, afin que les Jeux ne soient plus seulement le symbole de compétitions sportives mais celui d'un monde pacifique où compréhension mutuelle, esprit d'amitié, solidarité et fair-play s'entremêlent.

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Published

Thursday, November 17, 2016 - 11:49