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Ambassadrice du rugby féminin à Madagascar, découvrez le parcours atypique d'Ando Herimahefa

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Ambassadrice du rugby féminin à Madagascar, découvrez le parcours atypique d'Ando Herimahefa

Ando Herimahefa compte promouvoir le rugby féminin encore trop peu connu au sein de son pays, Madagascar.

Cet article a originalement été écrit par Louis Bareyt sur Le Rugbynistère. Vous pourrez le retrouver sur cette page.

Dans des propos relayés par le site de World Rugby, Ando Herimahefa s'est livrée quant au défi qui se présente devant elle. À première vue ce nom ne nous inspire pas grand-chose. Pourtant, cette jeune femme de 27 ans a l'immense tâche de promouvoir le rugby féminin à Madagascar. Et rien ne lui prédisait un avenir dans le monde du ballon ovale. Jeune, ses parents lui déconseillent de jouer, soucieux de l'image véhiculée par ce sport de contact : « Je l'avais vu à la télé, mais je ne l'ai jamais pratiqué » précise-t-elle à World Rugby. Elle s'adonne alors au handball et basket dans ces plus jeunes années. Son amour pour le rugby va se décupler une fois arrivée à l'université. Au cours de sa première année, une amie lui propose de venir s'essayer au ballon ovale dans son club. Soucieuse de l'avis de ses parents, la jeune femme refuse, et voit plutôt se présenter à elle l'opportunité de devenir arbitre : « J'ai décidé de suivre une formation d'officiel de match. Je suis devenue arbitre, puis responsable des arbitres, puis en charge du développement du rugby scolaire» Ses parents l’autorisent cette fois-ci à s'aventurer là-dedans. En arbitrant, leur fille ne connaîtra pas les contacts, à l'inverse des pratiquants de ce sport. Le rugby va alors faire prendre à sa vie, une tournure inattendue.

Ando Herimahefa est alors professeur d'EPS. Elle enseigne le rugby, devenu indispensable dans son quotidien : « Pour moi, le rugby est une passion. » Son but, promouvoir le rugby, surtout féminin dans son pays. À vitesse grand V, elle va en l'espace de dix ans connaître une ascension fulgurante. Plusieurs associations s'associent avec elle afin de développer ce sport : « À Madagascar, le rugby ce n'est pas comme le foot. Ici tout le monde connaît le foot. Le rugby, c'est surtout la capitale mais quasiment pas les villages ». Avant de détailler les contours de son projet : « Mon job porte sur le développement du rugby féminin, comment faire pour attirer plus de joueuses, plus d'entraîneures, plus de préparatrices physiques et plus d'arbitres femmes. »

Contribuer au développement du rugby féminin en Afrique

Une bonne nouvelle intervient alors au printemps 2020. La fédération malgache et Rugby Afrique par le biais de la patronne du rugby féminin Maha Zaoui, la soutiennent dans sa demande auprès de WorldRugby de lui accorder une bourse de leadership. Toujours pour WorldRugby, Ando fait part de sa joie une fois celle-ci obtenue : « J'étais trop contente d'avoir cette bourse. Mon papa l'a appris au travers des réseaux sociaux je n'avais même pas eu le temps de les prévenir ! » Aujourd'hui Ando arpente le pays et met à contribution ses compétences de professeur de sport pour promouvoir son sport auprès du public féminin, et créer pourquoi pas, des vocations : « On a organisé des formations pour les enseignants dans les écoles pour qu'ils apprennent aux enfants. Ça fait déjà trois ans qu'on a un championnat de rugby scolaire à Madagascar. Oui le rugby féminin est moins populaire que le rugby masculin mais c'est ça le défi ! J'aimerais que ça devienne la référence du sport féminin à Madagascar. » Un défi immense mais pas irréalisable. La jeune arbitre met en tout cas toutes les chances de son côté afin de parvenir à ses fins et surtout surmonter les préjugés dont peu bénéficier le rugby : « Notre plus gros problème, c'est que dans les villages peu de parents savent ce qu'est exactement le rugby et quelles sont ses valeurs. Il faut leur faire comprendre que ce n'est pas un danger pour les filles mais que ça va les aider dans leur éducation et dans leur vie. » Ando Herimahefa illustre ses propos avec son cas personnel, qui a fait face au refus de ses parents, avant que ces derniers n'acceptent que leurs filles se lancent dans ce milieu.

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Article type

News

Author

Louis Bareyt pour Le Rugbynistère

Published

Thursday, January 21, 2021 - 13:32