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Au Congo, la karatéka Laurence Fischer aide les femmes violées à se reconstruire

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Au Congo, la karatéka Laurence Fischer aide les femmes violées à se reconstruire

Karatéka française multi-médaillée, Laurence Fischer se rend en République démocratique du Congo depuis 2014 où elle aide les femmes victimes de viol à panser leurs blessures physiques et psychologiques par le sport.

Depuis 1996, en République Démocratique du Congo, un conflit entre milices armées pour les ressources naturelles a causé des millions de morts. Le viol est l’arme la plus redoutable de cette guerre civile : on estime à 500 000 le nombre de femmes victimes depuis le début du conflit. « Ce qui s’y passe est une catastrophe », confie Laurence Fischer. Depuis octobre 2014, l’ancienne karatéka française se rend dans l’Est du pays, sur les rives du lac Kivu, une fois par an. Triple championne du monde, Laurence enseigne le karaté à des femmes victimes de viols, dans le cadre de la fondation Panzi. Lancée en 2008 à l’initiative du professeur congolais Denis Mukwege Mukengere, cette fondation soutient et accompagne les victimes les femmes violées dans leur reconstruction physique, psychologique et dans leur réinsertion dans la société. « Une jeune fille de 23 ans, Alphonsine, a émis un souhait de faire du karaté, on m’a donc sollicitée, raconte la septuple championne d’Europe, également championne de France à onze reprises. Aujourd’hui, on suit une vingtaine de filles par an. »

De graves séquelles physiques et psychologiques

Dans le cadre de séances de karaté, Laurence aide ces femmes victimes de viols à retrouver une tonicité corporelle. Certaines jeunes femmes hébergées à la fondation ont gardé de graves séquelles physiques des violences qu’elles ont subies. « Il y a des déchirures génitales, leur corps n’est pas non plus souvent remis en mouvement et il a donc du mal à se réparer. Elles subissent aussi de l’incontinence. » La karatéka leur fait donc travailler le périnée et l’assouplissement physique à raison de deux séances par semaine. Mais l’usage de l’art martial a aussi un objectif psychologique.

Cela donne à ces femmes un outil de self-défense, mais il y a aussi une dimension thérapeutique dans le fait de pousser des cris ou de mettre un kimono : elles ont l’impression d’être une autre personne,

raconte Laurence. Elles donnent des coups de poing et parfois, elles imaginent même qu’elles combattent leur violeur… » Pour beaucoup de ces jeunes femmes, la route vers la guérison est un long combat. « Celle qui parlera de son viol va être stigmatisée et rejetée. Certaines femmes ont aussi des enfants issus du viol. Il y a parfois du déni : pour elles, c’est comme si rien ne s’était passé. »

Pour Laurence Fischer, le sport est un outil fort d’émancipation

Laurence Fischer ne voulait pas être « la championne qui se déplace une seule fois », mais que le programme soit réellement pérenne. C’est pour cela qu’un entraîneur poursuit le travail en son absence. « Franck Kwabe est un entraîneur congolais, précise Laurence. Il est sur place et il est chargé de donner les cours. J’ai créé un petit livret qui comprend des techniques de Kata, des exercices d’assouplissement et le travail du périnée, bref tout ce qu’elles travaillent pendant leur séjour. J’ai formé Franck, c’est lui qui applique le travail. »

 

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News

Author

Assia Hamdi

Published

Wednesday, July 12, 2017 - 11:11