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Colombie : le sport peut contribuer au processus de paix

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Colombie : le sport peut contribuer au processus de paix

La semaine dernière, Bogotá a accueilli le XVIème sommet des Nobel de la paix. La capitale colombienne est ainsi devenue pour un an la « ville mondiale de la paix ».

Après la signature des accords de paix entre le gouvernement et les FARC fin 2016, le choix du secrétariat permanent du Sommet mondial des Nobel est plus que symbolique. Par cette nomination, il cherche à promouvoir la construction d’une paix durable en Colombie et invite la population à créer des espaces et des actions de paix.

52 ans de conflit armé ont engendré plus de 220 000 morts, 5,7 millions de déplacés et 25 000 disparus selon les estimations officielles1. La société colombienne reste fortement polarisée, en atteste le rejet par referendum de la première version des accords de paix signés en septembre 2016. L’opposition et une partie de la population contestaient certaines clauses prévues par cette version, notamment celles concernant la justice transitionnelle. La nouvelle version des accords de paix définitivement signée en novembre, et qui sera cette fois ratifiée par le Parlement, représente une première étape vers la construction d’une société pacifiée.

Comme tout processus de sortie de crise, la marche vers la paix colombienne représente un enjeu impliquant divers acteurs, de nombreuses étapes, et la multiplication des outils de pacification.

Quel rôle joue le sport dans la marche vers la paix ?

La pratique du sport est un outil reconnu de promotion de la paix. Le sport favorise l’intégration sociale et permet de nouer des relations entre les différentes communautés ethniques ou les classes sociales. Il favorise la création d’un environnement au sein duquel les individus partagent un objectif et un espace commun. De nombreux Etats tels que l’Afrique du Sud ou les pays issus de l’Ex-Yougoslavie utilisent le sport afin de tisser du lien social et de façonner une nouvelle identité nationale.

En Colombie, le Grupo Internacional de Paz (Groupe International pour la paix) œuvre depuis plusieurs années pour la transformation sociale et la construction de la paix dans la région. Son objectif est de renforcer les capacités des personnes et de briser l’engrenage intergénérationnel de la violence en utilisant des moyens novateurs tels que la science, l’art, et bien sûr le sport. Le GIP travaille conjointement avec les acteurs sociaux, le secteur privé et les institutions sur des propositions qui cherchent à impacter positivement le processus de construction de la paix.

Par exemple, l’organisation a lancé en 2011 un projet en partenariat avec des acteurs gouvernementaux. Ce programme intitulé Convivencia y paz (Cohabitation et paix) établit les bases de l’élaboration d’une stratégie visant à utiliser le sport afin d’atténuer la violence et de promouvoir la paix. Ce projet pilote permettra aussi d’identifier les lignes directrices pour la mise en place d’une politique publique mettant le sport au service de la paix. Le projet cherche à endiguer le recrutement des mineurs2, à diminuer la violence associée à la consommation de substances psychoactives, à faire reculer la traite humaine et à renforcer la notion d’intégrité territoriale. Des milliers d’enfants et d’adolescents ont déjà bénéficié de ce programme réalisé à échelle nationale.

La pratique sportive est l’une des approches préconisées en termes de prévention et de résolution des conflits. Un processus de paix reste un défi complexe nécessitant des stratégies multidimensionnelles. La Colombie n’en est pas à son premier processus, et la mobilisation de l’ensemble de la société sera nécessaire pour que celui-ci soit un succès.

1 Les chiffres sont ceux du Centre national de mémoire historique (CNMH) qui a publié en 2016 un rapport sur le conflit.

2 En Colombie, le recrutement d’enfants-soldats par les différents groupes armés est un phénomène courant.

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Published

Sunday, February 5, 2017 - 16:15