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Comment le football peut enrayer la propagation du VIH : les trois C

Copyrights: Grassroot Soccer

Comment le football peut enrayer la propagation du VIH : les trois C

Grassroot Soccer combine curriculum, coaches et culture afin de changer la donne.

Les adolescents, particulièrement en Afrique, sont parmi ceux qui sont le plus durement touchés par l’épidémie de VIH/SIDA, mais ils peuvent aussi représenter la plus grande force de changement. Afin de réaliser leur potentiel et d’avoir un avenir sain, les adolescents ont besoin d’information, de mentors et d’accéder aux services de santé pour pouvoir s’épanouir. Alors qu’est-ce qu’un ballon de football a à voir avec tout ça ?

L’adolescence est une période aussi passionnante que complexe et durant laquelle le cerveau d’un adolescent, en particulier le cortex frontal, est encore en développement ce qui signifie que les adolescents sont plus susceptibles d’adopter des comportements à risque et moins à même d’en mesurer les conséquences.

C’est ici que Grassroot Soccer intervient. Nos programmes mettent à profit l’attrait universel du football comme une plateforme permettant d’atteindre les adolescents durant ce moment crucial. Une question revient souvent, à savoir « Comment utilisez-vous exactement le football ? ». Réponse : en utilisant le football comme une « accroche », nous engageons les adolescents à prendre des décisions saines à travers nos trois C : un curriculum de santé adapté aux adolescents et basé sur des données probantes, l’influence positive d’un mentor local et de coaches pouvant servir de modèles ainsi qu’une culture amusante, inclusive et positive.

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Une bonne conception du curriculum représente une condition sine qua non à l’efficacité d’un programme d’éducation à la santé. En veillant à ce que notre programme soit basé sur des preuves, adapté culturellement et approprié à leur âge, nous sommes capables de procurer le plus efficacement possible aux adolescents des informations clés et la confiance nécessaire à exploiter au bon moment.

Par exemple, considérons l’activité ʺRisk Fieldʺ. Les participants sont répartis en équipes de relais et slaloment à travers des séries de cônes en dribblant, chaque cône est marqué d’un comportement à risque comme « alcool et drogues » ou « partenaires multiples ». Si vous touchez un cône, cela veut dire que vous encourez quelques conséquences, telles que faire des pompes. Si vous touchez un cône lors de la deuxième épreuve, cela signifie que votre équipe peut en subir les conséquences ; lors de la troisième épreuve, c’est la classe tout entière. Cette métaphore, expliquée clairement par l’entraîneur, montre comment les comportements individuels à risque peuvent avoir des conséquences pour vous, votre famille et l’ensemble de la communauté.

L’efficacité d’un message dépend de la manière dont il est délivré, c’est pourquoi le deuxième ʺCʺ, coaches, est si important. Les jeunes adultes locaux sont formés à être la fois des éducateurs à la santé et des mentors bienveillants. Les participants adolescents se sentent à l’aise avec leur entraîneur, c’est quelqu’un avec qui ils peuvent parler et dont ils peuvent tirer un enseignement. Notre intervention de soutien auprès de clubs pour jeunes séropositifs et dirigés par des coachs atteints du VIH/SIDA illustre bien cette démarche. En partageant leurs parcours personnels et en abordant les notions de stigmatisation, de divulgation et d'adhésion, ces entraîneurs ont un impact d'autant plus important sur les participants qui traversent tout cela sur le moment.

Dernier point mais non le moindre, la culture, que Grassroot Soccer définit comme le fait de créer un environnement favorable aux dialogues essentiels, des espaces sécurisés et plaisants. Lorsqu’ils considèrent des sujets comme le VIH/SIDA et la santé sexuelle et reproductive, les adolescents ont besoin d’un endroit où ils peuvent parler ouvertement et poser des questions sans peur du jugement. Parallèlement, en rendant l’apprentissage amusant, ils sont plus susceptibles de se sentir à l’aise et intéressés à participer.

L’utilisation du football comme une « accroche » auprès des adolescents permet avant tout d’aller les rencontrer où ils se trouvent. Jetez un ballon de football où que ce soit dans le monde et vous trouverez des jeunes prêts à jouer. Par le biais d’un usage réfléchi des trois C, cela représente beaucoup plus et devient un véritable outil pour changer la donne et lutter contre le VIH/SIDA.

[Cet article a été traduit par l'Équipe Opérationnelle sur la base d'un article paru sur sportanddev le 29/11/2019.]

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Article type

News

Author

Molly McHugh

Published

Sunday, December 1, 2019 - 19:34