You are here

Des équipes sportives engagées dans la lutte contre l'homophobie

Copyrights: Flickr: Jason Pier in DC

Des équipes sportives engagées dans la lutte contre l'homophobie

A l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre l'homophobie, l'association Tou'Win organise un match de gala contre l'équipe des Partenaires du Stade Toulousain à Ernest-Wallon.

Quel est le but de l'association Tou'Win ?

Cyril Broccardo : Le but premier était de créer un club où chacun vient avec son histoire. Il s'agit de mélanger des personnes avec des orientations sexuelles différentes, qu'elles se sentent libres de parler de leur vie privée. On permet à des gens qui n'avaient jamais fait de sport ou de sport collectif d'en faire dans un cadre bienveillant. Il s'agit de redonner confiance à des personnes qui étaient mises à l'écart à cause de leur orientation sexuelle. Quand on dit qu'il n'y a pas d'homophobie dans le sport, c'est seulement parce que les gens ne veulent pas en parler.

Quelles sont les valeurs de votre club ?

Ce sont celles du rugby en général, à savoir l'engagement, sur le terrain et en dehors, mais aussi le respect de soi et de l'adversaire. On cherche aussi à promouvoir l'entraide, à montrer que tous les physiques peuvent avoir leur place dans le groupe.

Comment se passe l'intégration dans le club ?

Elle se fait rapidement et naturellement. Les gens qui viennent, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels, savent qu'ils ne vont pas être jugés. Cela enlève un poids. Ce qui compte, c'est l'engagement, pas la performance.

Nous sommes là pour montrer qu'une orientation sexuelle ne change rien sur le terrain.

Demain, une charte de lutte contre l'homophobie dans le sport sera signée par différents clubs. Quelle est la portée de cette charte ?

Elle a été lancée en 2010 par Rama Yade, alors secrétaire d'État aux sports. Parmi les différents points, on retrouve, par exemple, la prévention dans les clubs, qui passe par des modules éducatifs à destination, entre autres, des entraîneurs. Il y a également un volet de sanctions contre les attitudes homophobes. Après la signature, nous jouerons un match de gala contre l'équipe des partenaires du Stade Toulousain. Nous organisons ça le 17 mai, dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie.

Quel est l'intérêt de ce genre d'événement ?

C'est une autre façon de militer. Dans notre club, on ne peut pas dissocier l'action contre l'homophobie et le sport en lui-même.

Avez-vous déjà joué des matches contre des équipes irrespectueuses ?

Non, pas du tout. À la rigueur, ils sont curieux. La première fois, ils se demandent contre qui ils jouent. Et, lors de la troisième mi-temps, on discute. Avec nous, ils se sentent libres de poser des questions. On se rend compte qu'il s'agit de méconnaissance et non d'homophobie. L'idée, au fond, c'est de casser les clichés.

About

Article type

News

Author

Propos recueillis par Lucas Hueber

Published

Thursday, May 17, 2018 - 18:13