You are here

Développement : et si l’Afrique francophone pariait sur le sport ?

Copyrights: panoramas - Flickr

Développement : et si l’Afrique francophone pariait sur le sport ?

Le sport occupe une place importante dans les pays d’Afrique francophone. Outil diplomatique, instrument de conciliation nationale, il est aussi synonyme d’effervescence sociale lors de grands évènements sportifs. Néanmoins, le potentiel du sport en tant qu’outil de développement est resté peu exploité. Et si les choses étaient en train de changer…

Le sport « moderne » fut introduit en Afrique francophone sous domination coloniale. Longtemps réservée aux colons, sa pratique s’est démocratisée à l’aube des indépendances. Certains considèrent que la démocratisation de la pratique sportive visait au départ à enrayer la volonté émancipatrice du continent. Quoi qu’il en soit, le sport est avant tout devenu un levier du panafricanisme, un instrument de conciliation et de reconstruction des identités nationales.

En raison de sa dimension politique et diplomatique, la gestion du domaine sportif relève presque exclusivement de l’Etat en Afrique francophone. Cette gestion publique reste très centralisée et le secteur souffre d’un certain immobilisme. L’avènement du sport professionnel et le développement d’une logique marchande (années 1980) se sont déroulés dans un contexte de crise économique généralisé. Du fait de ces crises et de l’ « héritage institutionnel », le marché sportif s’est peu diversifié et son poids économique reste dérisoire.

Des champions de renommée internationale mais peu de représentation à l’échelle mondiale

L’Afrique francophone possède en ses rangs des champions de renommée internationale mais pâti du manque de diversité de la pratique sportive. Les disciplines  – qui sont aussi les plus populaires - où s’illustrent les athlètes africains sont le football, l’athlétisme et les sports de combat, des pratiques qui demandent peu en termes d’infrastructures et d’équipement. De plus, la professionnalisation progressive du secteur sportif et le manque de moyens provoque une fuite des talents, en particulier vers l’Europe.

Les quelques grands rendez-vous sportifs ayant lieu en Afrique comme par exemple la Coupe d’Afrique des Nations sont prétexte à l’amélioration des infrastructures, mais les retombées économiques sont souvent faibles. L’Afrique reste globalement exclue des grandes manifestations internationales comme les Jeux Olympiques.

Quelle place pour le « sport et développement » en Afrique francophone ?

Si le potentiel du sport comme instrument diplomatique et  vecteur de conciliation n’est plus à démontrer, qu’en est-il de la place du « sport pour le développement » au sein de la sous-région ?

A l’heure actuelle, semble émerger une tendance globale qui considère à la fois le sport comme un outil de développement socio-économique, un instrument éducatif et un vecteur d’épanouissement. Cette dynamique est portée tant par les membres de l’élite politique que par la société civile. Par exemple, la Côte d’Ivoire a adopté en 2014 une loi visant à favoriser de nouveaux modes de gouvernance, d’organisation et de financement pour le sport ivoirien, afin de l’adapter progressivement aux enjeux du sport professionnel et des grandes compétitions.

De plus, le rôle des athlètes internationaux est très important. Beaucoup d’entre eux sont impliqués dans des projets sportifs réalisés en partenariat avec les autorités, créent des associations sportives locales, promeuvent les bienfaits du sport au niveau sociétal ou financent des projets relatifs au sport. L’organisation d’un premier Forum Africain des Sports en août 2017 au Togo dont l’objectif est de discuter du potentiel du sport africain dans le développement des communautés atteste de la multiplication de ces initiatives. Comme le disait Nelson Mandela :

Le sport a le pouvoir de changer le monde. Le pouvoir d'inspirer, le pouvoir d'unir les gens comme personne ».

About

Article type

News

Published

Friday, February 24, 2017 - 16:02