You are here

Diplomatie sportive ou sport comme moyen diplomatique de mettre sur agenda

ping_pong.jpg

Diplomatie sportive ou sport comme moyen diplomatique de mettre sur agenda

Alors que les discussions sont nombreuses quant à l’utilisation du sport comme outil au service de la diplomatie, beaucoup restent sceptiques sur les relations, parfois peu évidentes, qu’entretiennent les deux termes.

Les différents visages de la diplomatie

Dans l’usage, le mot « diplomatie » fait référence à la politique étrangère, aux négociations intergouvernementales et à la résolution de conflits. En ce sens, le sport n’est pas considéré comme le vecteur le plus efficace des objectifs diplomatiques.

Plus récemment, la diplomatie a été davantage comprise comme s’articulant sur différents niveaux, dont le premier reste son rôle moteur dans les négociations des grands enjeux politiques. Cependant, un second niveau travaille dans l’ombre à l’établissement d’un dialogue qui sert et encourage le développement de relations communes.

Ce type de dialogue informel influence souvent la pratique de la diplomatie de la même façon que d’autres niveaux de diplomatie plus simples encore, mais qui servent de terreau à la diplomatie de par l’importance des acteurs qui se mobilisent.

C’est la raison pour laquelle même les formes de diplomatie qui semblent les plus insignifiantes ne doivent pas seulement être analysées au prisme de leurs impact potentiel sur les politiques globales à court terme. En ce sens, le sport a bel et bien des mérites diplomatiques, dont certains restent encore à découvrir et à développer.

Créer la connexion entre la diplomatie et le sport

Au-delà des éléments les plus obscurs de la relation qu’entretiennent sport et diplomatie et la nature de leurs rapports, il existe un certain nombre de principes liés au sport que l’on aurait du mal à réfuter.

D’abord, le sport est une langue universelle, quelque chose que nous avons tous en commun. Le corps humain se maintient en forme par l’activité physique, indépendamment des choix et du talent de chacun. C’est une pratique qui transcende les frontières, les clivages politiques et les appartenances religieuses, ne reposant sur aucun d’eux pour s’établir comme une seule base commune.

Etant donné ses spécificités, le sport contribue au dialogue informel qui guide l’autre niveau de diplomatie. Certes, il n’est pas forcément un facteur décisif de la politique étrangère d’un Etat donné, mais il peut certainement être utilisé à des fins coopératives.

Quand le sport influence la diplomatie

Se focaliser sur le cas d’une instance très médiatisée de démocratie sportive peut aider à illustrer en quoi le sport sert effectivement d’opportunité pour mettre la diplomatie au cœur du débat.

A une époque où les relations sino-américaines étaient au point mort, un joueur de tennis de table américain manqua son bus et fut reconduit à son hôtel en compagnie de l’équipe chinoise. Malgré l’embarras supposé d’une telle situation, l’athlète américain reçut une sérigraphie offerte par les joueurs chinois et, en retour, leur laissa un t-shirt orné d’un signe de paix.

Leur geste a été souligné par plusieurs organes de presse internationaux et ce qui était l’histoire de deux athlètes se considérant comme deux partenaires plutôt que comme deux adversaires devint un spectacle global depuis qualifié de « diplomatie du ping-pong ».

Le tennis de table n’a sans doute pas normalisé les relations entre les deux pays, mais il a aidé à promouvoir un terrain neutre aux deux nations, créant un pont qui leur donna, malgré la fragilité de leurs rapports, une raison d’interagir.

Aujourd’hui, si le sport est devenu de plus en plus pertinent dans le domaine du développement, il semble également davantage à même de jouer son rôle dans l’évolution des pratiques diplomatiques. 

[Cet article a été édité et traduit par l'Equipe Opérationnelle sur la base d'un article paru sur sportanddev le 18 février 2015.]

 

About

Article type

News

Author

Bradley Castelli

Published

Sunday, February 22, 2015 - 23:00

Author