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À la rencontre des athlètes de l'équipe paralympique des réfugiés

À la rencontre des athlètes de l'équipe paralympique des réfugiés

Six athlètes ont été sélectionnés comme membres de la toute première équipe paralympique des réfugiés pour les prochains Jeux paralympiques de Tokyo 2020.

Le 30 juin 2021, le Comité international paralympique (CIP) a annoncé que six athlètes en provenance de quatre nations intégreraient la toute première équipe paralympique des réfugiés pour les prochains Jeux de Tokyo. Les six athlètes sont originaires d'Afghanistan, du Burundi, d'Iran et de Syrie. L'équipe comprend également le nageur Ibrahim Al Hussein, qui a participé aux Jeux de Rio en 2016 en tant qu'athlète indépendant.

Le CIP travaille avec le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, pour donner à ces athlètes remarquables l'occasion de partager leur histoire durant les Jeux et de délivrer un message d'espoir et d'inspiration à d'autres personnes déplacées de force. Voici les six athlètes qui ont été sélectionnés dans le cadre de l’équipe paralympique des réfugiés :

1. Ibrahim Al Hussein (natation)

Ibrahim al Hussein est un réfugié syrien qui a participé aux Jeux paralympiques de Rio en 2016, au sein d’une équipe paralympique indépendante composée de deux personnes. Son acte désintéressé visant à sauver son ami en Syrie a engendré un élan de générosité de la part d’inconnus qui ont contribué à rendre son voyage à Tokyo possible.

Après plusieurs victoires remportées dans des compétitions grecques pour handicapés, il a été contacté par le Comité olympique grec. Passionné de natation depuis son enfance, il a décrit sa participation aux Jeux paralympiques comme un rêve devenu réalité. « Je veux que chaque réfugié ait accès à des opportunités sportives. Je ne peux pas imaginer ma vie sans sport », a déclaré Ibrahim.

2. Alia Issa (lancer de massue)

Première athlète féminine réfugiée paralympique et plus jeune membre de l'équipe, Alia Issa est une réfugiée syrienne vivant en Grèce qui concourra au lancer de massue, une épreuve spéciale pour les athlètes qui sont dans l’incapacité de pratiquer le lancer de javelot, de poids ou de disque. Fréquenter une école spéciale réservée aux élèves handicapés lui a donné la confiance dont elle avait besoin : « Je ne me sentais plus différente. Dans mon école primaire, j'étais la seule à avoir un handicap. »

Elle a commencé à faire du sport il y a trois ans dans son école en Grèce et participe désormais à des compétitions internationales. Récemment, elle s'est classée quatrième aux championnats d'Europe de para-athlétisme de 2021. Elle porte un message spécial pour les femmes handicapées à Tokyo : « Ne restez pas chez vous. Soyez actives. Cela vous donnera votre indépendance et un moyen d'être incluses dans la société. »

3. Parfait Hakizimana (taekwondo)

Parfait Hakizimana est le seul athlète à se rendre aux Jeux paralympiques de Tokyo directement depuis un camp de réfugiés.

Hakizimana s'est mis au Taekwondo à l'âge de 16 ans, après avoir perdu son bras, déclarant que cela « m'a sauvé et remonté le moral ». En 2010, il a obtenu sa ceinture noire et ouvert un club de taekwondo au Burundi. Après la montée de la violence dans son pays d'origine, le Burundi, il a fui pour le Rwanda en 2015, échappant à la guerre civile.

Un an plus tard, il a mis à profit son expérience antérieure pour créer un club de taekwondo dans le camp de réfugiés de Mahama.

Il entraîne aujourd'hui environ 150 personnes dans le camp, dont des enfants âgés de six ans seulement. Parfait attribue aux valeurs de respect, d’amitié et de compétitivité promues par le taekwondo le mérite de l’avoir aidé à trouver sa place dans un nouveau pays. « Les réfugiés n’ont pas grand-chose. Mais le sport les aide à oublier leurs problèmes », a-t-il expliqué.

4. Abbas Karimi (natation)

Abbas Karimi est né sans bras et a été victime de discrimination dans son pays, l'Afghanistan, en raison de son handicap et de son origine ethnique. Il a fui en Turquie, où il a vécu pendant quatre ans en tant que réfugié avant d'être réinstallé aux États-Unis.

Bien qu'on lui ait dit dès son plus jeune âge qu'il ne pouvait pas nager sans bras, Abbas a plongé dans une piscine en portant un gilet de sauvetage et a attiré l'attention d'un entraîneur de natation afghan. Abbas a remporté huit médailles et est entré dans l'histoire en devenant le premier athlète réfugié à remporter une médaille au 50 mètres papillon masculin, ce qu'il a fait lors des Championnats du monde de paranatation en 2017 à Mexico.

Il espère ajouter une médaille de Tokyo à sa collection. « Je crois que j'ai le potentiel pour monter sur le podium aux Jeux Paralympiques, et je pense qu'il est important pour tous les réfugiés et notre héritage que l'un d'entre nous, athlètes réfugiés, monte sur le podium, car cela peut inspirer et apporter de l'espoir aux réfugiés », a-t-il déclaré.

5. Anas Al Khalifa (canoë)

Anas Al Khalifa est un réfugié syrien qui a échappé à la guerre civile, fuyant en Turquie avant d’être réinstallé en Allemagne en 2015.

Pour Al Khalifa, faire partie de l'équipe des réfugiés est quelque chose qu'il n'aurait jamais pu imaginer. « Il y avait tellement de destruction autour de moi, la guerre, le passage par les camps de réfugiés et le fait de devoir sauter de frontière en frontière », a-t-il déclaré.

C'est son physiothérapeute qui lui a fait découvrir le para-canoë, et son engagement à l'entraînement ainsi que les encouragements de son entraîneure lui ont permis de faire des progrès remarquables. « Quand je vais m’entraîner, je pense au sport comme quelque chose qui permet de nombreux accomplissements et de surmonter le handicap. Il vous fait oublier le handicap », a déclaré Anas.

6. Shahrad Nasajpour (athlétisme)

Shahrad  Nasajpour a toujours été passionné par le sport. Il a commencé sa carrière d'athlète en jouant au tennis de table avant de se tourner vers l'athlétisme. Après avoir quitté l'Iran pour s'installer aux États-Unis en 2015, il a approché le CIP pour lui soumettre l'idée d'une équipe de réfugiés pour Rio, et a finalement participé aux Jeux de Rio en tant qu'athlète indépendant.

Il prévoit de se concentrer sur le management sportif, afin de devenir un leader dans le sport et d'utiliser son expérience d'athlète. Aux autres athlètes en herbe, il donne le conseil suivant : « Essayez de trouver différentes façons d'atteindre vos objectifs et vous finirez peut-être par arriver là où vous voulez être. »

sportanddev a publié ce contenu dans le cadre de son partenariat avec le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Pour en savoir plus sur l'utilisation du sport dans le travail avec les réfugiés, veuillez consulter le site du HCR.

[Cet article a été traduit par l'Équipe Opérationnelle sur la base d'un article paru sur sportanddev le 17/08/2021.]

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Article type

News

Author

Shaista Akram

Published

Thursday, August 19, 2021 - 13:45