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Le sexisme, nouvelle discipline olympique ?

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Le sexisme, nouvelle discipline olympique ?

Une récente étude de l’Université de Cambridge a mis en avant le sexisme présent dans le monde du sport. Bien que cette étude n’ait fait que confirmer une tendance bien connue, elle a permis de quantifier un problème sociétal.

Des chercheurs anglais ont analysé 160 millions de mots dans des articles, sur papier ou en ligne, depuis 10 ans afin de mettre en avant les disparités homme-femme dans le langage du sport. Ainsi les hommes ont trois fois plus de chances que les femmes d’être mentionnés dans un « contexte » sportif. Les mots « hommes » et « homme » sont trois fois plus utilisés que les mots « femmes » et « femme ».

Quantitativement, les hommes sont plus présents que les femmes, mais qu’en est-il de la qualité des descriptions ? Les athlètes féminines sont décrites de façon disproportionnée selon leur âge, leur apparence et leur vie personnelle. Selon cette étude, les mots les plus récurrents pour parler des femmes sont « âgée », « plus vieille », « enceinte », « mariée » ou « non-mariée » alors que les mots décrivant les hommes sont « le plus rapide », « fort », « grand », « réel » et « bon ». Face à la compétition, les mots utilisés pour les hommes sont les suivants : « spécialistes », « battre », « gagner », « dominer » et « bataille » alors que les femmes sont associées à « rivaliser », « participer » ou « s’efforcer ». Enfin, les discours ont tendance à infantiliser les femmes qui ont plus de chance d’être considérées comme des « filles » que les hommes comme des « garçons ».

Bien que cette étude ait été réalisée avant les JO, les commentateurs sportifs des Jeux n’ont pas dérogé à la règle : Les journalistes sportifs ont davantage parlé des tenues de l’équipe féminine égyptienne de volley que salué la toute première participation de cette équipe dans l’histoire des JO. De même lorsque la nageuse hongroise Katinka Hosszu a battu un record du monde, un présentateur de la NBC a félicité son mari et coach, qui était le « vrai responsable » de la victoire de la nageuse. Le site internet du journal Chicago Times a quant à lui consacré un article à la médaillée de bronze Corey Cogdell-Unrein… seul bémol il la présente sous le nom « la femme de Bear’s lineman » [son mari] et fait abstraction de ses victoires précédentes au profit de sa relation amoureuse.

Alors comment faire changer les comportements ? Actuellement, seules 10% des journalistes de l’Union des Journalistes de Sport en France (UJSF) sont des femmes. Une plus grande mixité entre les commentateurs sportifs est nécessaire bien qu’elle ne soit pas une finalité au problème tant qu’une meilleure formation et une sensibilisation à l’égalité homme-femme ne seront pas mises en place. Par ailleurs, les chaînes de télévision devraient mettre en place des sanctions en bonne et due forme et non des mises en garde contre les journalistes, responsables de dérapages. Enfin, il faut que les voix s’élèvent et que les sportives, témoins de machisme, brisent la loi du silence, afin de dénoncer ces comportements inadmissibles en 2016.

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News

Author

Charlotte Grégoire

Published

Sunday, August 14, 2016 - 23:00