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Le sport peut-il jouer un rôle dans les camps de réfugiés ?

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Le sport peut-il jouer un rôle dans les camps de réfugiés ?

Les programmes de sport et développement (S&D) doivent respecter les cultures locales et répondre aux besoins des communautés de réfugiés. Alors que les défis se font sentir avec une rare acuité, le S&D doit contribuer à la réponse humanitaire en collaborant étroitement avec les ONG, les réfugiés et les autres parties prenantes.

L’action des Nations Unies en Syrie touche actuellement 4'088’099 réfugiés, dont 51% ont moins de 18 ans. Il est urgent d’unir ces communautés et de répondre à leurs besoins de santé et d’éducation.

Quel rôle peuvent jouer les programmes de sport et développement ?

Les programmes éducatifs utilisant le sport comme appât ont une incidence bénéfique sur la scolarisation, accroissant notamment les efforts des enfants à l’école. Il est aussi important de comprendre que l’offre d’infrastructures sportives et de terrains de jeux accessibles et sûrs permet aux jeunes réfugiés d’être à nouveau des enfants. Les projets structurés de sport et développement peuvent ainsi donner aux communautés de réfugiés un support psychosocial non négligeable. Le sport peut, en outre, être utilisé pour augmenter l’impact d’autres initiatives sur la santé.

Nous sommes tous concernés

Les recherches sur l’utilisation du sport dans les camps de réfugiés ont relevé, entre autres enjeux-clés, l’importance de la coopération avec un grand nombre de partenaires : les organisations d’aide d’urgence, la communauté des réfugiés, ainsi que d’autres acteurs potentiels comme les populations locales, le secteur privé et les fédérations sportives. Des partenariats intelligents assurent un support financier, logistique et technique qui est vital pour toute réponse humanitaire à grande échelle. Le sport a ici quelque chose à offrir ; communiquer clairement ce message est crucial.

Le sport pour tous vs les compétions sportives

Certains professionnels du développement avance que l’attention sur le « sport pour tous », plutôt que sur la compétition, constitue l’un des éléments-clés garantissant le succès des projets (S&D). Peut-être plus que partout ailleurs, ce principe est primordial dans les camps de réfugiés, où le sport compétitif peut diviser les communautés, au détriment des objectifs visés : la promotion de la paix, le support psychosocial et le soutien que peut apporter le sport en tant qu’appât pour des initiatives plus larges dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Ce problème persiste dans l’utilisation du sport et du jeu au sein des camps de réfugiés. Les gouvernements et les praticiens du développement font de leur mieux pour résister à la pression d’organisations les poussant vers un sport compétitif.

Inclure le sport et développement dans une réponse humanitaire plus large

Seule une collaboration étroite entre les partenaires du S&D et les ONG responsables de la gestion des camps peut y garantir l’utilisation efficace du sport et du jeu. La recherche montre que, dans un contexte de pressions et de ressources limitées, les ONG ont avantage à s’appuyer sur des partenaires sportifs locaux ou d’autres organisations externes dans la mise en œuvre des activités sportives et ludiques.

Cela peut être accompli, comme Mercy Corps l’a fait, en utilisant les talents et compétences locaux pour mener des initiatives de sport et d’éducation par exemple. L’inclusion des communautés de réfugiés dans la réponse humanitaire : cette idée est déterminante dans la mise en œuvre des programmes. En effet, cela permet de bénéficier de l’aide d’une abondante main-d’œuvre et, en même temps, cela contribue à normaliser la vie des réfugiés.

C’est un défi que de créer des projets qui répondent à la fois aux besoins autodéterminés des réfugiés et aux principes du sport pour tous. Mais la communauté du S&D doit s’y attaquer frontalement pour que ses projets améliorent vraiment la vie des personnes qui espèrent un futur meilleur.

[Cet article a été édité et traduit par l'Equipe Opérationnelle sur la base d'un article paru sur sportanddev.org le 16 septembre 2015.]





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Article type

News

Author

Mark James Johnson

Published

Thursday, October 1, 2015 - 23:00