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Les éléphants blancs – Ce que les grands événements laissent derrière eux

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Les éléphants blancs – Ce que les grands événements laissent derrière eux

Les grands événements sportifs sont souvent présentés comme un moyen de booster la croissance et l’enthousiasme des populations, mais les faits montrent qu’une fois ces événements terminés, les villes sont gangrenées par les dépenses et les infrastructures en déliquescence. Que peut-on faire pour réduire le fardeau financier de ces installations souvent inutiles ?

Le gout du spectacle et la promesse de changements sociaux et économiques ont longtemps été un argument de vente des grands événements sportifs. Cependant, les investissements inhérents aux nouvelles infrastructures nécessaires pour accueillir ces événements peuvent durablement perturber les économies locales et l’environnement, sans parler du coût humain de la délocalisation des populations et des morts potentiels associés à certains tournois. Comme l’explique l’économiste du sport Andrew Zimbalist, de tels événements requièrent d’immenses investissements en infrastructures à court terme, notamment de stades très chers qui deviennent des « éléphants blancs », c’est-à-dire des structures qui demandent un gros effort financier sur les villes, mais qui peuvent aussi devenir inutiles une fois l’événement passé.

L’un des rares grands événements sportifs profitables a été les Jeux Olympiques de 1984 à Los Angeles, mais c’était surtout dû à la décision d’utiliser des infrastructures existantes. Depuis, les villes hôtes ont construit des stades spécialisés et donc non convertibles ou luxueusement rénové ceux qui existaient déjà, seulement pour qu’ils tombent ensuite en désuétude. Tandis que les villes font de leur mieux pour encourager l’usage de ces éléphants blancs lors de matchs de football ou lors de concerts, les bénéfices sont ténus par rapport à l’investissement : l’Estadio Nacional de Brasilia en est un exemple. Les rénovations ont coûté environ 900 millions de dollars, mais les revenus annuels attendus tournent autour d’un demi-million de dollars. Certains stades sont tout simplement abandonnés.

Transformer les éléphants blancs
Il semble difficile d’éviter les éléphants blancs dans l’immédiat, d’autant plus que les pays en voie de développement continuent de voir en les grands événements sportifs un levier de croissance. Les pays et les associations sportives internationales doivent travailler ensemble avec les organisations locales afin de planifier l’après-événement et d’éviter le phénomène des éléphants blancs soit en donnant un stade un autre rôle, soit en conceptualisant à nouveau directement ces événements.

Des groupes locaux en Afrique du Sud ont recommandé que le Green Point Stadium de Cape Town soit reconverti en logements sociaux pour les défavorisés et il est même envisagé qu’un stade brésilien soit transformé en centre pénitentiaire. Si ces idées sont créatives, elles se confrontent au scepticisme à cause des coûts de reconversion, la question du zonage et l’idée que ces espaces ne peuvent servir qu’au divertissement.

Ou peut-être est-il temps de repenser la structure de ces événements comme l’a fait l’UEFA. L’association a en effet annoncé que l’Euro 2020 serait accueilli par 13 villes en Europe afin de réduire son impact socio-économique et environnemental. Ce choix ouvre des perspectives intéressantes pour les villes hôtes afin d’utiliser leurs infrastructures existantes mais également, sur une échelle plus petite, afin d’attirer des touristes et des investisseurs. Cela pourrait mener non seulement à la fin des éléphants blancs, mais aussi aux fameux profits promis par les comités d’organisation. 


[Cet article a été édité et traduit par l'Equipe Opérationnelle sur la base d'un article paru sur sportanddev le 8 juillet 2015]

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News

Author

Leena Woodhouse-Ledermann

Published

Tuesday, July 14, 2015 - 23:00

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