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L’Olympisme à la rencontre du Sud (Melbourne 1956)

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L’Olympisme à la rencontre du Sud (Melbourne 1956)

Melbourne 1956 sera la première édition des Jeux Olympiques à se dérouler dans l’hémisphère Sud. Depuis, les JO se sont ouverts à de nouveaux pays et continents, mais sont pourtant toujours le théâtre des inégalités Nord-Sud : économiques bien sûr, mais aussi sportives. 

L’édition australienne des Jeux Olympique se déroule dans un contexte historique complexe. La révolution hongroise et la répression soviétique amèneront l’Espagne, la Suisse et les Pays-Bas à renoncer à l’Olympiade de 1956. Pareillement, l’Egypte, l’Irak et le Liban boycotteront les JO en dénonçant la présence d’Israël suite à la crise du canal de Suez.

Un climat géopolitique qui se s’invitera également durant la cérémonie d’ouverture du 22 novembre 1956, durant laquelle les athlètes hongrois seront acclamés, tandis que les athlètes soviétiques défileront sous le silence de 104.000 spectateurs. Union Soviétique qui pourtant, remportera cette olympiade avec un total de 98 médailles dont 37 en or, suivie par les États-Unis (32) et l’Australie (13).

Dans ce contexte géopolitique particulier, la seizième olympiade de Melbourne se distingue aussi comme la première édition des JO se déroulant dans un pays du Sud de l’hémisphère. L’universalisme prôné par les Jeux Olympique ne saurait taire la persistance des inégalités Nord-Sud. De fait, il faudra attendre les JO de 1968 de Mexico pour voir l’olympisme s’inviter dans un pays du dit « Tiers-Monde ». La carte ci-dessous détaille les pays ayant organisé des Jeux.
name©Piktochart

Un olympisme Nord-Sud ?

Comme on l’a vu précédemment, l’attribution des Jeux Olympiques est souvent une affaire d’influences politiques. Dans ce jeu d’influences, les inégalités économiques ont souvent fait la part belle aux pays dits « développés ». Une inégalité qui se manifeste notamment par les infrastructures sportives à disposition des athlètes, de l’encadrement qui leur est fourni, ayant un impact sur le plan sportif et des résultats. Ci-dessous une carte détaillant la distribution des médailles lors des JO d’été depuis leur création :

name©StatSilk

Dans de nombreuses études, l’impact du PIB/habitant dans l’obtention du nombre de médailles a souvent été évoqué. Une société faste aura ainsi d’avantage de ressources à allouer à la construction d’infrastructures, à la formation des entraîneurs, mais également d’avantage de temps libre à pouvoir consacrer à une pratique sportive. La taille de la population serait également un facteur déterminant.

Une disparité qui réside aussi dans la redistribution des bénéfices découlant des Jeux Olympiques et des montants alloués aux Comités Nationaux Olympiques (CNO) plus modestes . Depuis 1973, le CIO a mis en place une politique de « Solidarité Olympique » qui se décline à travers une série de programme d’aides envers les CNO en ayant besoin. Disposant d’un budget de 439 millions de dollars sur la période 2013-2016, le CIO a ainsi mis en place une série de programme de formation pour les entraîneurs, athlètes, ainsi que des programmes spécifiques, et des subventions aux CNO pour participer aux JO. Des fonds provenant des droits de diffusion des deux dernières olympiades perçus par le CIO.

Cette solidarité bien que salutaire, reste pour le moment encore bien timide face aux revenus tirés de la diffusion des JO (les Jeux de Londres à eux seuls auraient rapporté près de 2,6 milliards). Une plus grande équité serait souhaitable, ne serait-ce pour que les JO soient pleinement une célébration de la performance sportive.

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Victor Béquignon

Published

Tuesday, July 5, 2016 - 23:00

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