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Nicolas Huet : « Nous voulons aider les prisonniers à travers le sport »

Copyrights: Flickr: Maria Bondoc

Nicolas Huet : « Nous voulons aider les prisonniers à travers le sport »

Nicolas Huet, le Directeur administratif et financier (DAF) de l’ONG internationale « La Balle Aux Prisonniers » de passage à Abidjan s’est soumis aux questions d’Ivoiregnerie. A travers cet entretien, il nous montre comment le sport peut aider des prisonniers à se resocialiser.

Ivoiregnerie : Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Nicolas Huet : Je suis Nicolas Huet, Directeur administratif et financier de l’ONG « La Balle Aux Prisonniers » depuis sa création, en juin 2016.

Quelles sont les motivations qui ont guidé la création de cette ONG ?

C’est suite à différentes expériences professionnelles réalisées. Au cours d’une mission en RDC un soir avec des partenaires sur place, nous avions des associations communes pour des passions communes telles que les droits de l’homme, le milieu carcéral, le football… Nous ciblons alors des pays où nous avions des liens et des personnes de confiance : la RDC, la Côte d’Ivoire et le Niger où nous avions accompli plus de missions, et où il y avait des bénévoles motivés par la prison, le sport, et le football.

Pourquoi vous avez décidé d’œuvrer en prison à travers le sport ?

A travers nos différentes visites, nous avons constaté qu’il y’a beaucoup d’oisiveté. Dans les pays l’emprisonnement est une punition, alors que nous voulons pour eux une réinsertion notamment à travers le sport où il y a des règles et une passion. Comme dans la société au quotidien il y a le dépassement de soi, le fait de réussir où de ne pas y arriver. C’est un véritable lien, car le match est le reflet de la société. Nous espérons aussi que le sport puisse porter haut les valeurs que nous voulons diffuser. La prison doit rester fermée au monde extérieur. Mais avec ce que nous faisons, la société ne verra pas les prisonniers comme des criminels, mais comme des hommes et des femmes qui veulent regagner leur place dans la société. Ce n’est qu’un incident de parcours, la prison. L’on veut ainsi faire disparaître la stigmatisation dont ils sont l’objet de la part de la société et de leurs familles respectives parce qu’ils passent une, deux voire plusieurs années en prison. Il ne faut pas les voir ainsi à cause de ce qui les a envoyés en prison, mais plutôt les regarder à l’aune de leur savoir faire.

Quelles activités menez-vous la plupart du temps, à La Balle Aux Prisonniers ?

Officiellement, c’est une association avec des matchs de lancement dans chacun des pays où nous sommes présents et en même temps, des liens avec les autorités de ces pays. Il faut montrer que l’association est nouvelle, qu’elle veut développer ses activités. Au Niger, l’association est en cours de création mais en Côte d’Ivoire, avec l’aide de notre coordonnateur, il y’a eu des entraînements avec les prisonniers sous la houlette d’un footballeur professionnel germano libérien qui a joué au Borussia Mönchengladbach, Delano Ketter. Il y a eu le développement d’activités avec les jeunes, et des matchs avec des équipes extérieures.

Quels sont vos projets à court, moyen, et long terme ?

A court terme, nous envisageons le financement local pour pérenniser les actions, démultiplier les entraînements hebdomadaires, et organiser des matchs chaque mois ou tous les « deux mois » ; puis participer à la réinsertion sociale et culturelle des prisonniers à travers la musique, l’art; en somme, leur donner le goût de faire autre chose.

 

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Yao Koné

Published

Wednesday, March 21, 2018 - 15:20