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Nous avons joué au basket dans les bidonvilles. En France.

Copyrights: Big Bang Ballers

Nous avons joué au basket dans les bidonvilles. En France.

Quand on dit « bidonville », on s’imagine les favelas de Rio, les townships de Soweto ou encore les camps de réfugiés et de déplacés de par le monde. C’est pourtant dans un rayon de moins de 20 km de Paris que nous sommes allés, quelques ballons en mains, à la rencontre de ces enfants qui vivent en bidonvilles.

« Nous », c’est l’association Big Bang Ballers. Ses membres, des joueurs et joueuses de basket, vont jouer là où personne ne joue et avec les enfants avec qui personne ne joue. D'ailleurs, la Convention Internationale des Droits des Enfants1 fête ses 30 ans cette année. Son article 31 rêve que les enfants ont tous le droit de jouer, peu importe le milieu dans lequel ils grandissent. Pour les Big Bang Ballers, ce droit est fondamental. En effet, le basket c'est sérieux. Quand il est réfléchi, il peut apprendre la coopération, le dépassement, le respect et même l'égalité entre filles et garçons. C’est pour cela, qu’il est absolument obligatoire que tous les enfants jouent.

En France, il y a près de 4 2002 enfants qui vivent en bidonvilles, parmi eux, on estime que moins de 50%3 vont à l'école et qu’ils sont encore moins nombreux à avoir accès à des loisirs en dehors de l’école. Les associations qui accompagnent au quotidien les habitants dans leurs démarches comme ACINA, font un travail remarquable mais n’ont pas le temps ni les moyens de focaliser leurs efforts sur la pratique sportive ou l’accès aux loisirs. Parmi les enfants, les filles subissent une double peine et en sont encore plus éloignées, à l’image des petites françaises qui sont toujours en retard de quelques points dans les statistiques de la pratique sportive4.

Le projet « Ramène ta Copine »

Entre mai et juillet 2019, nous avons rencontré près de 100 enfants vivant en squats et bidonvilles. Sur plusieurs samedis, nous sommes allés à la rencontre des enfants, avec quelques jeux en tête et équipés de quelques ballons, de paniers portables et de plots. Pas besoin d’aller frapper à la porte des maisons bricolées pour être rapidement suivis par 10 à 40 filles et garçons, âgés de 4 à 14 ans, tout de même intrigués par ces adultes en short.

A chaque session son introduction : parfois des grands jeux avec tous les enfants sur la place centrale, parfois un échauffement en cercle et rapidement l’envie d’en découdre avec ces ballons et ces paniers. S’en sont suivi chaque fois près de trois heures de jeu, de rires, de dribbles hésitants et de shoots parfois rentrants. Au programme : des petits ateliers de passes pour apprendre les prénoms, des matchs pendant lesquels chacun doit toucher la balle, sans oublier les relais par équipes où l’envie de gagner pousse à mieux coopérer. Puis vient la fin du jeu, un goûter et la question facile à anticiper : quand est-ce qu’on recommence ?

Et les clubs de basket dans tout ça ?

Les clubs, nous les avons contactés quelques semaines avant de commencer le projet. D’abord ceux des villes dans lesquels les bidonvilles sont implantés, puis, un peu découragés, ceux qui ont au moins répondu à nos sollicitations. Pareil du côté des comités, l’inclusion des plus marginalisés n’a pas l’air d’être la priorité. Au départ, nous voulions qu’un éducateur sportif du club voisin vienne avec nous, ça sera la prochaine fois. D’ailleurs, les Big Bang Ballers ne sont pas affiliés à la FFBB. Pas parce qu’on ne pourrait pas, mais parce que les contraintes qu’impose le milieu fédéral ne correspondent pas aux situations dans lesquelles nous jouons et qu’elles ne sont pas (encore) compatibles avec l’accès de toutes et tous à la pratique sportive, au club et donc… à la société.

1 CIDE, 1989

2 Chiffres DIHAL, recensement juillet 2018

3 Etude CDERE, 2016

4 IRDS, 2017

About

Article type

News

Author

Big Bang Ballers

Published

Monday, August 26, 2019 - 15:19