You are here

Quel avenir pour le sport et développement après le COVID-19 ?

Copyrights: TIBU Maroc

Quel avenir pour le sport et développement après le COVID-19 ?

Pour Ghizlane Khammal, Directrice Stratégie et Croissance au sein de l’ONG TIBU Maroc, la crise du COVID-19 a révélé durablement le pouvoir de mobilisation du sport autour des problématiques sociales.

La crise sanitaire que connait le monde aujourd’hui a poussé beaucoup d’États à adopter des politiques de confinement et à annuler toutes sortes de rassemblements permettant la prolifération de la pandémie du COVID-19. Le 16 mars, le gouvernement marocain a déclaré l’état d’urgence sanitaire et le confinement obligatoire pour une durée de 30 jours qui a été renouvelée pour 4 semaines jusqu’au 20 mai. Cette décision, comme dans de nombreux pays, a limité voire mis à l’arrêt les activités de secteurs très sensibles tels que le tourisme, le transport aérien, l’artisanat… Mais elle a permis également l’apparition de nombreuses formes d’adaptation comme le télétravail… Le sport a été également très touché par cette pandémie après le report et l’annulation de toutes les manifestations et compétitions sportives. Face à cette décision, de nombreuses enseignes sportives ont vu leurs effectifs réduire, d’autres ont été contraintes de fermer leur porte dans un contexte où le sport est peu développé et soutenu par les instances gouvernementales.

Le secteur du sport qui est peu structuré et préparé aux aléas environnementaux de grande ampleur et connaît des inégalités flagrantes entre le sport d’élite moyennement développé et le petit sport local, a subi des perturbations drastiques. Cependant, cette crise a vu naître également de belles initiatives de solidarité, de dépassement de soi et de combativité et a donné au sport son véritable sens de générateur de valeurs inhérentes et de force de mobilisation autour des problématiques sociales. Des organismes sportifs ont été exemplaires en contribuant massivement au Fonds de lutte contre le virus. Des opérations de soutien aux sportifs, notamment ceux dont les revenus reposent sur la participation aux manifestations et compétitions sportives, ont été réalisées, comme par exemple la création d’un fond de solidarité dédié aux sportifs.

La célébration de la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix pendant ces moments de confinement a poussé l’ensemble des acteurs à innover et à agir autrement pour promouvoir le sport et sa contribution au développement et au bien-être des êtres vivants. Ainsi, nous avons assisté à un changement dans la définition du sport qui va au-delà des compétitions et des manifestations sportives pour le définir comme un générateur de lien social.

Malgré les nombreuses contraintes, nous avons assisté à une accélération du mariage sport et digitalisation, à la multiplication des initiatives encourageant les jeunes à adopter un mode de vie sain, à la naissance de nouvelles formes de pratiques sportives comme les courses ou marathons virtuels, à une présence forte du sport dans les foyers même si celle-ci reste très inégale dans les zones péri-urbaines et rurales. Face au confinement obligatoire, les enseignes sportives ont dû repenser leurs modèles économiques pour innover et proposer des services à distance. Ce changement perdurera certainement au-delà de la crise sanitaire actuelle.

Cette situation nous a permis de tirer des leçons pour donner au sport sa vraie place quant au développement social et économique et garantir sa durabilité face au défi du digital, comme par exemple :

  • Un réel besoin de structurer le secteur sportif ;
  • Une prise de conscience quant au rôle « post-secours » du sport pour la normalisation des modes de vie ;
  • L’importance de placer le sport au cœur des politiques de développement social et environnemental ;
  • La nécessité de renforcer la place du sport dans l’action gouvernementale.

Certes, cette crise laissera derrière elle des séquelles à court et moyen terme, notamment pour les clubs, les associations, les enseignes peu ou pas structurés, mais apportera un vrai changement dans le rôle incontournable que peut jouer le sport dans la vie des individus. Nous restons très positifs quant à la prise de conscience des décideurs, des chefs d’entreprises, des présidents de clubs et d’ONG quant à la capacité du sport de contribuer au développement économique du pays, d’accompagner l’évolution technologique que connait le monde et de présenter un modèle d’intervention axé sur des valeurs de solidarité.

Ghizlane Khammal, Directrice Stratégie & Croissance à TIBU Maroc, est engagée depuis plus de 12 ans dans le développement de projets à fort impact social dans les domaines de l'éducation, le genre et l'inclusion socio-économique des populations défavorisées.

À propos de TIBU Maroc

Fondée en 2010, TIBU Maroc est la principale organisation visant à l'éducation et l'insertion socioéconomique des jeunes par le sport au Maroc, et une figure de proue dans le domaine de l'innovation sociale par le sport. L’ONG œuvre en faveur d’un changement social durable au sein de la société marocaine à travers deux grands axes d’intervention : l’impulsion au capital humain et l’inclusion socioéconomique des jeunes par le sport.

About

Article type

News

Author

Ghizlane Khammal

Published

Monday, May 25, 2020 - 10:26