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Réduire les tensions au sein des camps de réfugiés par le sport

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Réduire les tensions au sein des camps de réfugiés par le sport

Cet article est le premier de la série Sport et Conflits qui s'attache à montrer le sport comme moteur de réconciliation dans des situations conflictuelles ou post-conflictuelles.

En mars 2016, le CIO a officialisé la création d’une équipe d’athlètes olympiques réfugiés pour l’édition des Jeux Olympiques à Rio. Sur 43 athlètes présélectionnés, 10 participent à la compétition ayant débuté le 5 août dernier. Ils ont défilé sous les couleurs du drapeau olympique et en cas de victoire, l’hymne olympique sera joué lors de la remise des médailles.

Pour la communauté internationale, ces athlètes sont un symbole d’espoir. Ils le sont encore davantage pour les 65,3 millions de réfugiés recensés en 2016 par le HCR. Le nombre de déplacés a atteint un seuil record que les Nations Unies et les Etats n’arrivent pas à résorber. Alors quel espoir reste-t-il à ces millions de déracinés ?

La moitié des athlètes présélectionnés pour Rio venait du camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, où le sport a été instauré dès les années 1990. Ce modèle a inspiré d’autres camps et la pratique du sport tend à s’y développer, voire même à s’institutionnaliser. Au Rwanda, un projet de 400 000 dollars, pour réhabiliter les équipements sportifs et ainsi mieux développer la pratique du sport dans les six camps que compte le pays, a été mis en place et financé par le CIO et l’ONU.

Autre réussite : le camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie où l’Asian Football Development Project (AFDP) et la Fondation UEFA pour l’enfance organisent des tournois de football, apportent matériel et infrastructures et forment des entraineurs locaux. Plus de 2800 jeunes réfugiés syriens bénéficient de ce programme, dont notamment 839 jeunes filles de 8 à 20 ans.

Au Burundi, l’ONG Pl4y International organise des activités sportives, en partie financées par l’Unicef, pour améliorer les conditions de vie des réfugiés congolais et burundais. L’association travaille directement avec le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture burundais pour mettre en place ses actions. En 2016, le programme One World Football, lancé par ces deux acteurs, prend fin et aura permis de distribuer 1,5 millions de ballons dans les zones dévastées par la guerre.

En plus de redonner confiance aux plus jeunes et d’améliorer un quotidien difficile, des études menées sur le camp de Kakuma et le bidonville de Mathare à Nairobi ont prouvé qu’aucune autre activité sociale n’était aussi efficace que le sport pour combattre les préjugés ethniques et pour réduire les tensions, favoriser la réconciliation et maintenir la paix. Un modèle à suivre donc.

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Author

Charlotte Grégoire

Published

Sunday, August 7, 2016 - 23:00