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Transformer la colère en énergie positive au service de l’égalité entre les sexes dans le sport

Copyrights: Foto: Aluira/Wikimedia

Transformer la colère en énergie positive au service de l’égalité entre les sexes dans le sport

Les footballeuses font face tous les jours à la discrimination, au harcèlement et à la difficulté de trouver des financements. Mais qu’est-ce qui est le plus efficace ? Énumérer l’ensemble des problèmes qui se posent ou bien parler, avec espoir et optimisme, de ce à quoi l’avenir pourrait ressembler ?

Je suis en colère.

En tant que footballeuse, pendant plus de vingt ans, mon expérience a été synonyme de terrains en piteux état, d’arbitrage de qualité médiocre, de tenues usagées et surdimensionnées, de harcèlement, de difficultés à trouver des financements et des opportunités pour jouer, de couverture médiatique réduite à son strict minimum et de misogynie déguisée sous forme de « plaisanterie ». Ce qu’a vécu Khalida Popal est bien pire : elle a reçu des menaces de mort pour avoir fondé la première équipe nationale féminine afghane tandis que le président de sa fédération a récemment été suspendu à cause de terribles accusations de viols et d’agression. De même, la fédération somalienne est accusée de détournement de fonds de la FIFA dédiés au développement du football féminin. Au cours de ces dernières années seulement, les joueuses des équipes nationales d'Irlande, du Danemark, du Brésil, d’Australie et de Norvège ont fait grève, fatiguées de s’entendre dire qu’elles devaient être reconnaissantes de leurs mauvaises conditions d’activité, du salaire minimum et du peu de respect à leur égard.

En même temps, nous sommes également à la veille de quelque chose de vraiment très important dans le football féminin. Cet été, la Coupe du Monde marquera une première en termes de qualité et de visibilité alors que la FIFA ambitionne un milliard de spectateurs. Les équipes nationales masculines et féminines norvégiennes reçoivent le même niveau de rémunération et le Lewes FC est devenu le premier club au monde à faire de même. L’année dernière, la France a alloué une partie des gains générés par la Coupe du Monde masculine au football féminin. L’Arabie Saoudite a même levé son interdiction pour les filles de faire du sport dans les écoles publiques et a permis que des femmes aillent dans les stades pour assister à des matchs.

Les deux types de scénario, l’un positif et l’autre négatif, sont réels. Mais lequel vous procure de l’optimisme au moment d’envisager l’avenir ?

Mon travail avec Equal Playing Field, un réseau mondial de femmes qui militent en faveur du changement dans le football féminin, est en proie à cette question au quotidien. Devrions-nous parler des problèmes ou apporter des solutions ?

Nous avons choisi de nous unir derrière un slogan définissant la voie à suivre : « Opportunités, Égalité, Respect. Rien de plus, rien de moins ». Nous avons conclu que cette vision positive, avant-gardiste (et, il est vrai, quelque peu provocatrice) parlait à toutes les femmes de notre réseau, qu’elles fassent partie de l’élite professionnelle aux États-Unis ou du monde amateur en Inde. Plutôt qu’une manière d’aborder simplement la lutte en faveur de l’égalité des sexes, le sport ouvre en fait le débat sur tous les autres droits : éducation, santé, emploi. De plus, refuser le droit aux loisirs à 50 % de la population mondiale revient à priver de la liberté d’être une personne « à part entière ». Nous avons également conclu qu’il est bien plus difficile de soutenir l’idée que les femmes et les filles ne devraient pas avoir l’opportunité de jouer que de trouver des excuses ou une explication rationnelle aux problèmes rencontrés par les femmes.

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Article type

News

Author

Maggie Murphy pour OpenGlobalRights

Published

Thursday, March 28, 2019 - 11:08