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#GlobalSportsWeek : « Le sport, un catalyseur de justice sociale ? »
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Retour sur le panel « Le sport, un catalyseur de justice sociale ? » qui s’est déroulé le 3 février dans le cadre de la Global Sports Week.

Pour Andrew Parsons, président du Comité International Paralympique (CIP), « le sport représente une plateforme pour le changement et il se doit de jouer ce rôle ». Par le passé, plusieurs athlètes ont œuvré en faveur de la justice sociale. C’est le cas du tennisman américain Arthur Ashe qui a soutenu de nombreuses causes, dont celle de la population noire en Afrique du Sud lors de l’apartheid. Ou encore de Mohamed Ali qui a, entre autres, supporté la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis et favorisé l’accès à l’emploi pour les jeunes Afro-américains.

Les luttes d’hier, auxquelles s’ajoutent les nouveaux défis de nos sociétés contemporaines, sont malheureusement toujours d’actualité. A l’heure du mouvement Black Lives Matter et dans un contexte de pandémie internationale dû à la COVID-19, le sport peut plus que jamais œuvrer pour la justice sociale. Ce postulat interroge néanmoins les possibilités, devoirs et limites du secteur sportif dans son ensemble, en termes d’activisme social.

Selon Mark Tatum, « le sport a le pouvoir de changer le monde ». Le Commissaire Adjoint et Directeur des Opérations de la National Basketball Association (NBA), souligne le fait que depuis longtemps, les joueurs de la NBA – dont 80 % sont Afro-Américains - défendent la justice sociale et luttent contre le racisme. Ils attirent aussi l’attention sur les brutalités policières et utilisent la plateforme que leur confère le sport pour lutter contre les inégalités sociales et sociétales existant aux États-Unis. La NBA, en tant que ligue, a toujours soutenu et encouragé les joueurs dans leurs démarches. Pour Mark Tatum,

il existe tellement d’inégalités en matière de santé, d’opportunités économiques ou éducatives qu’il est crucial que les ligues soutiennent les athlètes engagés, voire, les encouragent à mieux comprendre ces problématiques qui impactent leurs communautés ».

Pour autant, un athlète doit-il obligatoirement être militant ? D’après Andrew Parsons, on peut répartir l’ensemble de la population en quatre catégories. La première est celle des combattants comme Rosa Parks : les personnes qui protestent, organisent les manifestations et vont sur le terrain. La seconde regroupe les personnes qui prennent connaissance d’une cause qui leur semble juste et décident de participer au mouvement. La troisième catégorie est celle des personnes qui valident ou réfutent le bien-fondé d’une contestation mais n’y participent pas. Enfin, la dernière catégorie rassemble les personnes qui ne se sentent pas concernées et ne s’intéressent pas au sujet.

Pour le président du CIP, les organisations sportives – et les athlètes - devraient agir en direction de cette quatrième catégorie, en offrant une plateforme de dialogue et en donnant accès à l’information, afin que ces personnes puissent décider si elles souhaitent ou non devenir des activistes, des défenseurs ou juste être sensibilisées. Cela doit rester leur choix personnel mais le rôle du sport est de leur en donner l’opportunité.

L’activisme chez les athlètes peut générer des appréciations négatives de la part des fans. Selon Karina Leblanc, responsable du football féminin à la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) et ancienne internationale canadienne de football, « c’est souvent pour cette raison que les sportifs craignent de faire entendre leur voix. Le rôle des ligues et des fédérations consiste donc à leur donner confiance et à les soutenir dans la formulation de leurs opinions ». Pour Mark Tatum, « la grande majorité des fans de la NBA comprennent le fait que la ligue a toujours défendu l’égalité, l’inclusion et la diversité. Il faut indiquer clairement pourquoi nous défendons ces valeurs et la majorité des fans adhèrent ».

Des paroles aux actes, comment s’assurer que les organisations sportives mettent concrètement en œuvre ces idéaux ? Pour Karina Leblanc, changer les choses pour les futures générations, promouvoir un monde sans racisme et l’égalité de genre est l’affaire de tous : des particuliers, des entreprises et des exécutifs. « La NBA fait un bon travail à ce sujet, la FIFA et la CONCACAF vont lui emboiter le pas. » Selon Andrew Parsons, étant donné le pourcentage conséquent de personnes en situation de handicap à travers le monde, il est fondamental de mettre leur cause à l’agenda et d’agir concrètement.

En conclusion, le sport a effectivement le pouvoir d’œuvrer pour la justice et la cohésion sociale, en témoignent les leaders sportifs présents. Cependant, comme l’exprime Louise, Young Sport Makers de ce panel : « La règle 50 du Comité International Olympique (CIO) ou les agissements de certaines ligues font que les interrogations quant aux limites, « l’aspect publicitaire » ou de « surface » de ces engagements sont toujours d’actualité. Ces acteurs vont-ils agir directement, activement et profondément en faveur de ces idéaux ? La nouvelle génération souhaiterait voir plus d’organisateurs sportifs réellement engagés sur ces questions ».

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