Objectifs, indicateurs et suivi

Objectifs, indicateurs et suivi

Les Objectifs de développement durable sont déclinés en indicateurs spécifiques. Il est important de comprendre comment chacun d'entre eux est mesuré et ce qui contribue au succès des programmes des ODD.

Les Objectifs de développement durable comprennent une liste de 169 cibles. En juillet 2017, l'Assemblée générale des Nations unies a également approuvé un cadre mondial d’indicateurs, à savoir une liste de 232 indicateurs qui sont répartis entre les 17 objectifs et se rapportent à leurs cibles correspondantes.

Ils constituent l'épine dorsale du suivi de la réussite des ODD. Ces indicateurs sont destinés à être utilisés de deux manières. Premièrement, ils sont des outils de gestion pour aider les organisations et les gouvernements à créer des stratégies de mise en œuvre et de suivi. Deuxièmement, ils seront utilisés en tant que « fiches de rendement » pour vérifier la réussite des progrès. Le cadre comprend des indicateurs qui sont à la fois quantitatifs et qualitatifs ; souvent, les deux sont nécessaires pour le même indicateur.

Ils sont applicables aux niveaux local, national, régional et mondial et mettent en évidence les priorités pour les gouvernements et les autres acteurs travaillant à la réalisation des Objectifs de développement durable. Ils nous diront si les programmes et les politiques fonctionnent et mesureront si les ODD ont été un succès ou non lors de leur révision en 2030.

Comment les cibles et les indicateurs permettent-ils de mesurer le succès des ODD ?

La relation entre les objectifs, les cibles et les indicateurs sera mieux illustrée par un exemple. Le premier Objectif de développement durable est « Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde ». Cet objectif est soutenu par sept cibles et douze indicateurs, dont :

Cible 1.1 : D'ici à 2030, éliminer l'extrême pauvreté pour tous, partout dans le monde, ce qui correspond actuellement à une population vivant avec moins de 1,25 dollar par jour.

Indicateur 1.1.1 : Proportion de la population vivant sous le seuil international de pauvreté, par sexe, âge, situation professionnelle et emplacement géographique (urbain/rural).

Cible 1.2 : D’ici à 2030, réduire de moitié au moins la proportion d’hommes, de femmes et d’enfants de tout âge qui vivent dans la pauvreté sous tous ses aspects, telle que définie par chaque pays et quelles qu’en soient les formes.

Indicateur 1.2.1 : Proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté national, par sexe et par âge.

Indicateur : 1.2.2 : Proportion d'hommes, de femmes et d'enfants de tous âges vivant dans la pauvreté sous tous ses aspects, selon les définitions nationales.

Cible 1.3 : Mettre en place des systèmes et mesures de protection sociale pour tous, adaptés au contexte national, y compris des socles de protection sociale, et faire en sorte que, d’ici à 2030, une part importante des pauvres et des personnes vulnérables en bénéficient.

Indicateur 1.3.1 : Proportion de la population bénéficiant de socles ou systèmes de protection sociale, par sexe et par groupe de population (enfants, chômeurs, personnes âgées, personnes handicapées, femmes enceintes et nouveau-nés, victimes d'un accident du travail, pauvres et personnes vulnérables).

Comme mentionné ci-dessus, les objectifs sont normalement mesurables (« toutes les personnes », « au moins la moitié », « pour tous »), bien que certains termes utilisés soient sujets à interprétation (« socles de protection sociale »). Les indicateurs indiquent ensuite la mesure par laquelle ces objectifs peuvent être jugés comme un succès ou un échec.

Les objectifs et les indicateurs sont mesurés au niveau national, et pas seulement international. Cela permet de tenir compte des différences entre les pays. Bien que la cible 1.1 fasse référence à l'extrême pauvreté, actuellement mesurée à 1,25 dollar par jour, la cible 1.2 se concentre sur les « définitions nationales ». La Suisse et le Kenya ont des définitions nationales de la pauvreté très différentes mais, dans le cadre des cibles de l'ODD 1, tous deux sont encouragés à réduire de moitié la proportion de personnes touchées.

Mesurer les progrès : le défi de la collecte de données

La collecte de données peut être une tâche difficile, que toutes les ONG connaissent bien. C'est encore plus difficile lorsque nous ne mesurons pas le changement au sein des communautés, mais dans les pays, les régions et à travers le monde.

Le Groupe inter-agences et d’experts sur les indicateurs des ODD (IEAG-SDG), qui a créé le cadre d'indicateurs mondiaux, a eu une tâche difficile. Choisissons-nous uniquement des indicateurs aux méthodologies bien établies, ce qui signifie que certains des objectifs ne sont pas couverts de manière crédible, ou choisissons-nous des indicateurs pour chaque objectif, ce qui signifie que certains n'ont pas de méthodologies établies et ne sont pas suffisamment utilisés à échelle internationale ?

Ils ont choisi cette dernière option, ce qui signifie que les données pour certains des indicateurs des ODD sont faciles à collecter, avec des méthodologies bien établies et éprouvées. Pour d'autres, en revanche, la tâche est moins aisée. Pour aider à planifier les prochaines étapes, l'IEAG-SDG a divisé les indicateurs en trois catégories :

Niveau 1 : Indicateurs dont les données sont faciles à trouver et les méthodologies claires et établies.

Niveau 2 : Indicateurs avec des méthodologies claires et établies, mais les données peuvent être difficiles à trouver car elles ne sont pas produites régulièrement par tous les pays.

Niveau 3 : Les méthodologies ou les normes établies au niveau international ne sont pas encore disponibles pour l'indicateur mais la méthodologie/les normes sont (ou seront) développées ou testées.

Cette catégorisation montre ce qui peut être facilement collecté et où sont les lacunes, ce qui permet de planifier la collecte des données. La priorité pour les indicateurs de niveau 1 est de poursuivre les efforts actuels de collecte de données ; le déploiement plus large des méthodologies établies est prioritaire pour le niveau 2 ; les indicateurs de niveau 3 nécessitent des plans de travail complets, dans certains cas pour établir de nouvelles technologies et méthodes de collecte de données.

Regrouper les indicateurs par thème

1. Personnes : Il s'agit du groupe d'indicateurs le plus important, comprenant 93 indicateurs (40,6 % du total). Ils concernent le statut et le bien-être des êtres humains, par exemple le taux de chômage.

2. L'argent : Ce groupe comprend 60 indicateurs (26,2 % du total), la plupart des mesures étant exprimées en dollars américains. Ce groupe examine différents types de flux monétaires, par exemple les dépenses gouvernementales pour les programmes de réduction de la pauvreté.

3. Plans et politiques : Avec 38 indicateurs, (environ 16,7 % du total), il s'agit du troisième groupe. Les indicateurs examinent comment les politiques, les règlements et les lois affectent la mise en œuvre et le succès des Objectifs de développement durable. Par exemple : « Existe-t-il ou non des cadres juridiques pour promouvoir, appliquer et contrôler l'égalité et la non-discrimination sur la base du sexe » (indicateur 5.1.1).

4. Production et consommation : Comprenant 20 indicateurs (8,7 % du total), ce groupe fait référence aux indicateurs mesurant le flux de matières et d'énergie dans l'économie mondiale. Il examine des aspects tels que l'empreinte matérielle et les modes de transport.

5. Planète : Cette catégorie se compose de 18 indicateurs (7,9 % du total). Ils mesurent les systèmes physiques de la Terre, tels que les niveaux d'eau, la disparition des forêts et l'agriculture.

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